Bienvenue à Homs
Homs jouit d'un cadre
naturel exceptionnel. Située dans la "Trouée
de Homs" au prolongement de la vallée de
la Beqaa.
En regardant une carte, vous verrez un
lac au sud ouest de Homs, le
lac Qattina (ou lac
de Homs). Ajoutant à la richesse naturelle du
cadre, il faut évoquer le changement que
l'on perçoit en arrivant de la côte
Méditerranéenne. Au sol calcaire succède
la roche basaltique noire, qui fait la
réputation de la ville de Homs depuis
l'antiquité. Les villages des environs
utilisent ces pierres pour les
constructions depuis des temps
immémoriaux, et certains édifices de la
ville, les plus vieux, ainsi que les
pavés du souq y puisent leur matière
première. 
Vous visiterez à Homs son monument principal, sa Citadelle. Celle ci est bâtie sur une colline de roche volcanique au sud ouest du centre ville, prés de la route de Damas. Des inscriptions grecques y font mention de Héliogabale, prêtre du culte solaire, et fils de Julia Domna et de Septime Sévère suggérant que le lieu, au coeur de l'antique Emèse fut dédié au culte. Les fortifications remontent à l'époque Byzantine et depuis, la vocation militaire du site s'est maintenue, la citadelle ayant été restaurée et utilisée par les Mamelouks, les Ottomans, l'armée française du mandat qui y effectua de gros travaux, et depuis l'indépendance par l'armée syrienne.
Au centre de la ville de
Homs,
l'église d'Umm al
Zunnar (ou de la
ceinture de la Vierge)
date du 4ème siècle.
Cette église recèle une
relique, la ceinture
attribuée à la Sainte
Vierge, découverte en
1953 dans un bloc de
basalte entourée d'un
manuscrit syriaque
authentifiant la relique.
La ceinture elle-même
fait environs 70 cm de
long, et se voit
derrière une grille sur
un
présentoir. L'église
St Elian, située
200m plus loin à l'est,
est connue pour ses
fresques datant du 12ème
siècle. Un guide local
fait mention de
l'existence de
catacombes datant
des débuts de la
chrétienté en Syrie, au
quartier de Cherfé.
Je n'ai pas eu
l'occasion de m'y rendre
pour le moment. Un autre
centre spirituel est
représenté par la
mosquée de Khaled Ben
Walid, au nord de la
ville sur la route de
Hama. Elle abrite le
tombeau du conquérant
arabe de la Syrie,
décédé en 642. La
mosquée en sa forme
actuelle date de
l'époque Ottomane.
Les souqs de Homs sont multiples, débordant les limites du centre ville vers l'ouest. Ils regroupent tous les secteurs commerciaux. A noter, les nombreux bédouins qui s'y rendent venant du centre de la province. Homs est en effet le chef lieu de la plus grande province syrienne qui s'étend à l'est jusqu'aux frontières avec la Jordanie et l'Irak. Les commerçants sont très fiers de la restauration récente du souq, fidèle à la tradition, et à laquelle ils ont tous contribué.
Le deuxième
reproche fait
aux Homsiotes
est leur
caractère
conservateur. En
effet, les
traditions
orientales
demeurent très
suivies, le
qu'en - dira -t'
on est
omniprésent, le
milieu social
étant
particulièrement
étroit. La vie
sociale se
déroule pour
l'essentiel en
famille et à
l'intérieur.
Ayant eu le
bonheur de
côtoyer de prés
une famille
Homsiote, je
peux dire
toutefois que
sitôt que leurs
codes sont
respectés, les
Homsiotes
révèlent une
authenticité,
une générosité
et une bonté
profondes. Leur
serviabilité et
leur sens de
l'humour sont à
toute épreuve,
je crois
retrouver à
chaque visite
derrière leurs
manières
bourrues, mais
spontanées un
repos mérité
après les
tournures
mielleuses mais
parfois
cruellement
incisives de la
société
Beyrouthine.
Ceci - dit, les
temps changent,
et même si le
respect de la
tradition est le
choix
ostensiblement
affiché, il est
évident que les
choses, à
l'échelle
individuelle, ne
sont jamais
aussi simples.
Durement éprouvée par une modernisation dont elle ne semble cumuler que les méfaits, Homs s'enferme dans son provincialisme et dans ses traditions. Je ne vous ai probablement pas convaincu de vous y arrêter dans votre prochaine traversée de Syrie. Mais à présent vous savez ce qui se cache derrière le paysage urbain que vous traversez en toute vitesse vers Palmyre ou le Krak des Chevaliers.
Qatna
Un autre site
archéologique
des environs de
Homs fait parler
de lui depuis
certaines années
: Qatna, une
ville du
deuxième
millénaire av.
JC. Le site, qui
était habité par
des villageois
qui furent
relogés à
Mishrife, fut
dégagé une
première fois
dans les années
1920 par des
fouilles privées
menées par un
archéologue
amateur, le
comte du Mesnil
du Buisson. Une
seconde campagne
débuta au début
les années 2000
et permit de
connaître
l’histoire de
cette ville de
manière beaucoup
plus approfondie.
La découverte la
plus
spectaculaire
fut celle des
tombes royales
inviolées
renfermant
d’importants
trésors (transférés
au musée
national de
Damas) ainsi que
d’indices
indiquant que
des agapes y
avaient
régulièrement
cours, les
vivants venant
festoyer en
compagnie (et en
hommage) des
ossements de
leurs défunts.
Entre le XVIIIe
et le XIVe
siècle avant JC,
Qatna était une
cité état qui
prospérait du
commerce avec
les rives de
l’Euphrate,
l’Egypte et la
Crète Minoenne.
On a découvert,
dans le palais,
des fragments de
peintures quasi
semblables aux
fresques du
Palais de
Knossos. De
nombreuses
tablettes
gravées de
textes en
caractères
cunéiformes
attestent des
rapports
commerciaux de
l’époque ainsi
que des derniers
jours de Qatna
qui tomba vers
1340 sous
l’assaut des
Hittites venus
d’Anatolie. La
ville fut alors
incendiée. Elle
offre
aujourd’hui au
visiteur des
restes
d’impressionnantes
murailles ainsi
que les
structures
reconstituées du
palais royal.
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